Je cherche toujours mon linge le matin. Parce que j'en ai pas. Je rafistole mes petites culottes et mes bas avec l'aiguille et le fil que ma mère m'a donné pour coudre les robes de ma barbie. Je roule du masking tape autour de ma taille parce que l'élastique de mon pantalon est évanté. Je porte toujours le même chandail, jour après jour car je ne veux pas porter les blouses démodées que ma mère m'a donné. Vous savez, le genre de blouse à col mao et le long ruban pour faire une boucle? Aujourd'hui, ça fait fureur dans les boutiques à la mode mais à l'époque, ça faisait plus que sous-sol d'église. Par chance que ma voisine nous refilais ses vieux morceaux. Quand je revenais de l'école, elle m'appellait en me tendant le sac de papier. J'allais plus loin et je fouillais dedans: quand je trouvais un morceau qui me plaisait, je le cachais. Parce que ma mère ne me l'aurait surement pas refiler. Je ne sais pas pourquoi elle tenait tellement à me voir comme une fille-guenille. Quoiqu'il en soit, j'ai beaucoup souffert à cause de ça...
L'IMAGE c'est se rendre compte que tu n'es pas comme toutes les autres petites filles. Et elles s'apercoivent aussi du même constat. On aura beau dire mais les enfants, comme les grands, portent un jugement sévère sur la façon dont on s'habille. Ca se voyait que j'était pauvre...Avec le temps, j'ai comprise que l'on était pas si pauvre que ça mais que ma mère budgetait très mal. En fait, elle ne savait pas comment, personne ne lui a montré et les ressources, dans le temps, étaient inexistantes. Les friperies, soupes communautaires, comptoir d'entraide, ça n'existait pas. Et puis, honnêtement, je pense pas que ma mère aurait fréquenté ce genre d'endroit à l'époque...
Alors la petite fille fragile a été celle dont on tabasse pendant la récré ou à la fin de l'école. Celle dont on donne des coup de balon-balai dans la face. Celle dont on enferme dans les toilettes. Celle qui reste toute seule dans les travaux d'équipe. Avoir une amie était un luxe dont j'ai bénéficiée seulement qu'à partir de l'âge de 12 ans. 12 ans de non-socialisation...ça laisse des marques pour la vie.
Je ne suis pas à plaindre aujourd'hui mais je sais pourquoi il y aura toujours 2 Magnolia: celle qui est rieuse et aimant la vie et celle qui restera toujours fragile. Celle qui s'exprime trop des fois et celle qui longent les murs. Je ne me fais plus d'attentes maintenant. J'ai laché prise.
Une journée à la fois...ainsi va la vie qui va!
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On ne peut jamais refaire le passé mais on a la possibilité de ne plus être celle qu'on ne voulait pas être...
RépondreSupprimerTU VOIS DEMI-JOUR, DE PAR MON EXPERIENCE, ON RETOMBE DANS LE PANNEAU QUAND ON PENSE COMME CA.
RépondreSupprimerPAR CONTRE, J'AI DÉCIDÉ D'ETRE CE QUE JE SUIS ET CE QUE JE VOULAIS TOUT EN RESPECTANT MA PERSONNALITÉ ET CA FONCTIONNE TRES BIEN!
"Décider d'être ce que je suis"...
RépondreSupprimerC'est sûrement la clé. J'ai fait ça aussi et ça fonctionne très bien chez moi aussi :))
Le seul problème est que c'est impossible à expliquer par des mots. Il faut l'éprouver au plus profond de soi.
Je crois que oui pour certain et non pour d'autre. Il y aura toujours des gens sensible et empathique autour de nous.
RépondreSupprimerLe plus important ici ce n'est pas de raconter mais de bel et bien fermer la boucle. Pas pour passer a autre chose mais ne pas que ce soit vain. De voir qu'il y a du beau en toutes choses!