Je n'ai jamais été du genre pétard comme fille. Ma crinière de feu, dans les années 80, n'était pas tellement à la mode. On préférait les blondes ou à la rigueur les brunettes mais surtout pas les rouquines...Ca faisait trop turn off. Mettez-y un baby face, une voix aigrelette à souhait et vous avez le coctail molotov d'une petite fille qui reste dans son coin et qui longe les grands murs blancs de la Polyvalente. Je regardais toujours par terre, comptant les craques sur le sol: de toute façon, qui aimerait regarder une fille comme moi? Même si je me maquillais, je me cachais du regard des autres. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été trop hors norme: j'écoutais du punk et du heavy-metal, j'avais le look Samantha Fox et Madonna de "Like a Virgin", je lisais du Shakespeare et du Baudelaire et je passais mes heures du diner à la bibliothèque. Tout ca dans un environnement de gens preppy, habillé avec du Vuarnet, Esprit et Polo et écoutant du New Kids on the Block. Disont que j'en ai passée des heures de lunch à manger toute seule. Je me souviens de ces crampes au ventre juste à l'idée de passer la porte de la cafétéria toute seule et de m'assoir toute seule pour manger. A chaque jour, c'était le même calvaire...Je préférais de loin me faire pitcher des kleenex sales que ca.
J'aurais pu faire n'importe quelles bassesses pour ne pas être seule, dans mon coin, dans la vie, dans la société. Accepter n'importe qui dans ma vie: ca a été ma descente aux enfers... Arrivé en bas, la porte s'est ouverte sur la manipulation et la domination; sur la douleur et la peur. On me trainait en laisse et disant: "Regardez! Je peux faire ce que je veux avec cette pute!" Je noicissais mon âme de ces voyages luxurieux.
Et puis j'ai vieillis...Je ne sais pas trop comment et de quelle façon mais je suis devenue jolie, à ce que l'on dit. Mais toujours aussi pervers en dedans...une perversion qui n'est pas la tienne mais que l'on t'as inculqué à force de "je t'aime si tu m'suce". Une de celle qui te colle comme la crasse comme une envie de cigarette quand tu prends une bière ou deux. Tu as tellement fait la bête de Cirque pour avoir ton nonoss que tu ne sais plus être belle. Et la, sans que tu t'en rends compte, tu deviens un être de convoitise. Les hommes, en vieillissant, deviennent gourmands de luxure. Ils en demandent toujours plus et en veulent peu importe le risque. Une fille qui a bien vieillit et qui est ouverte d'esprit, est un objet aussi précieux que l'eau en plein désert. Ils se colleraient sur toi comme une mouche sur du miel...Parce que leurs femme, beautés de jeunesse autrefois, ont mal tournés comme du vin aigre, et sont devenues plus intransigeantes avec le temps.
Toi, dans le fond, tout ce que tu veux, c'est vivre ta petite vie tranquille et être la femme du seul homme qui a vu le diamand brut en toi. Lui faire comprendre qu'il sera le seul à profiter de tes bras, de tes levres et de tes yeux si doux. Il n'est pas fou: il voit bien ces nombreux regards envieux...
C'est la récompense à celui qui a pansé mes plaies.
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Texte bien impressionnant et très fort, la récompense à ceux qui viennent le lire :))
RépondreSupprimers.
Merci beaucoup Sebastien pour ton commentaire! Venant de toi, ca me touche beaucoup!
RépondreSupprimerUne partie de moi, une histoire d'une autre, la vie en général
J'adore tissé la réalité et la fiction!
Un superbe texte. Ça faisait longtemps que je n'en avais lu un pareil :)
RépondreSupprimerMerci beaucoup Elpadawan!
RépondreSupprimerC'est vrai que ca faisait longtemps que j'en avait pas écrit un comme ca!
Je devais lire pour mieux ecrfire et c'est ce que j'ai fait!
J'ai encore pleins d'histoires à raconter: t'en fait pas!
Vraiment un joli texte comme tu sais si bien les écrire.
RépondreSupprimerMerci beaucoup de tes bons mots.
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